LE MINISTÈRE ÉLARGIT SON CHAMP D’ACTION EN MILIEU URBAIN

anglais

Par Sœur Gertrude Tonsi, SND deN

En 2009, le Centre Mary Linscott s’est ouvert à Kisantu, en République démocratique du Congo (RDC), à 120 kilomètres de la capitale, Kinshasa.  Répondant aux besoins changeants de cette communauté urbaine, ce ministère des Sœurs de Notre Dame de Namur (SNDdeN) a évolué d’un centre dédié aux jeunes vivant avec des handicaps à un lieu de formation de jeunes femmes sans emploi.

Le centre a été créé en réponse à une demande de M. André Lukoki, (père de sœur Solange Lukoki, SNDdeN), qui gérait un centre pour personnes physiquement handicapées situé à proximité.  M. Lukoki s’est rendu compte qu’il avait besoin du soutien et de l’appui d’une organisation plus importante, telle qu’une congrégation religieuse dont le charisme consistait notamment à promouvoir la bonté de Dieu en s’adressant aux personnes vivant dans la pauvreté. L’équipe provinciale de leadership du Congo-Kinshasa a accepté le défi de prendre la responsabilité d’un centre pour handicapés. Pour une meilleure supervision, elle a décidé de regrouper les jeunes du site de M. Lukoki dans la propriété des SNDdeN à Kisantu. Les sœurs ont donné au nouveau centre le nom d’une ancienne supérieure générale des SNDdeN, une femme qui aimait les personnes vivant dans la pauvreté et qui avait un “cœur large comme le monde”.

Ici, les sœurs ont organisé des cours offrant aux jeunes hommes et femmes des possibilités leur permettant d’assumer une plus grande responsabilité dans leur propre vie. Afin d’offrir une formation plus complète et adaptée au niveau des élèves, les sœurs, aidées par des enseignants laïcs, ont enseigné aux élèves la lecture, l’orthographe (kikongo et français), l’arithmétique, la religion et la musique ainsi qu’une formation pratique à la couture.  Elles ont rénové les bâtiments disponibles dans l’enceinte du couvent pour en faire des salles de classe pour les handicapés.

Les déplacements d’un endroit à l’autre de la propriété étaient cependant difficiles pour les handicapés. Des chaises à trois roues actionnées à la main ont été achetées pour les aider à se rendre aux cours. Ils appréciaient cette éducation à Notre-Dame, qui les aidait à se prendre en charge.

Un nouveau moment

Après un certain temps, le Centre s’est trouvé appelé à un nouveau moment dans le ministère. Les habitants de la région ayant pris davantage de responsabilités à l’égard des personnes handicapées, ont demandé que le Centre Mary Linscott (CML) soit transformé en un lieu pour les femmes, un centre social pour la promotion des filles et des jeunes mères qui n’avaient pas les ressources financières nécessaires pour terminer leurs études et qui avaient besoin de moyens pour gagner leur vie. Les sœurs qui travaillent au CML ont organisé un programme de formation de trois ans avec alphabétisation (lecture et écriture), confection de vêtements, travaux ménagers et pratique domestique, ainsi que des cours de religion. En collaboration avec le ministère local des affaires sociales, les sœurs organisent à la fin de chaque année un jury pour tester le niveau de chaque candidate. Celles qui réussissent le cycle de trois ans reçoivent un certificat et une machine à coudre (fournie par World Vision). Ce certificat leur permet de trouver un emploi, notamment dans des ateliers.

Le Centre dispose désormais de deux salles de classe. Les sœurs s’efforcent de construire une troisième salle de classe, mais la contribution des parents est minime. Les frais scolaires annuels pour chaque élève sont de 50 000 francs congolais, soit 35 dollars. Ces fonds sont utilisés pour l’entretien des machines à coudre et pour le paiement des enseignantes. Les jeunes femmes viennent en foule au début de l’année, mais disparaissent ensuite faute d’argent pour acheter du matériel pour la couture en cours d’année. Le Centre n’est pas en mesure de répondre aux besoins de toutes. Ces jeunes sont souvent victimes de toutes sortes de manipulations. Les frais scolaires réels sont insuffisants, même pour assurer un repas pendant la journée. Le ministère des affaires sociales ne finance pas le Centre.

La congrégation des SNDdeN apporte au Centre un certain soutien financier qui sert à acheter des machines à coudre, des fournitures et à contribuer aux salaires de quelques enseignantes. Sœur Julie Santu, SNDdeN, est responsable du Centre et collabore avec cinq laïques qui travaillent avec ces jeunes filles et mères au chômage. Du lundi au vendredi, les cours commencent à 8h et se terminent à 12h30. Les étudiantes passent une journée par semaine à faire un travail manuel appelé “le travail de la bonté “. Les parents et les familles sont heureux de cet environnement pour leurs filles. Cette année, nous avons trouvé des emplois pour six jeunes femmes sur un marché local. Quelques chômeurs, vivant eux aussi dans la pauvreté, ont demandé à faire partie de cette formation.

La collaboration avec les personnes vivant avec un handicap est toujours une priorité au Centre. M. Alexis, une personne handicapée, travaille dans l’atelier de confection de notre école. Il confectionne toutes les blouses portées par nos élèves au Lycée Notre-Dame de Kisantu. Les sœurs poursuivent un cheminement de fidélité en aidant les femmes et les jeunes filles sans emploi, et en soutenant les personnes handicapées, dans un ministère qui est certainement l’œuvre de Sainte Julie au Congo.

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